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3 mythes sur l'harmonisation du 2e pilier
3 mythes sur l'harmonisation du 2e pilier

Statut unique & harmonisation des plans de pension : entre mythe et réalité

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Dans de nombreuses entreprises, la constitution d’une pension complémentaire diffère encore en fonction du statut du salarié. Il se peut par exemple que seuls les employés bénéficient d'une assurance ou que les cotisations de pension ne soient pas les mêmes pour les ouvriers. La loi sur les pensions complémentaires prévoit une harmonisation des pensions complémentaires pour les ouvriers et les employés d'ici 2030. Qu'est-ce qui est autorisé, quelles sont les obligations et quels malentendus circulent encore ?

 

Pourquoi cette harmonisation ?

Pendant longtemps, la distinction entre « travail essentiellement manuel » et « travail essentiellement intellectuel » a donné lieu à différents règlements et à de nombreux mécontentements. Car dans la pratique, les différences de statut entre ouvriers et employés ne sont pas toujours logiques. Certainement pas lorsqu'ils effectuent des tâches similaires, ou lorsque la distinction entre travail manuel et intellectuel s'estompe. Pour plus d'équilibre, de transparence et de sécurité juridique, la loi du 26 décembre 2013 a introduit le statut unique entre ouvriers et employés concernant les délais de préavis, le jour de carence et les mesures d'accompagnement.

En ce qui concerne les pensions complémentaires, les partenaires sociaux ont convenu d'une harmonisation entre les ouvriers et les employés, qui a été inscrite dans la loi sur les pensions complémentaires1 et prévoit une uniformisation progressive. Attention : le statut unique s'applique aux garanties pension, décès et exonération de primes dans le cadre du deuxième pilier de pension. Il ne s'applique donc pas aux rentes d'incapacité de travail et aux frais médicaux.

Le cadre juridique fournit aux employeurs des éléments pour évaluer votre assurance de groupe et l'adapter aux échéances à venir, étape par étape. Pour éviter tout malentendu, il est important de bien comprendre le cadre juridique du statut unique.

1 Article 14 de la LPC, modifié par la loi du 5 mai 2014 (M.B. du 09/05/2014) et la loi du 12 décembre 2021 (M.B. du 31/12/2021)

 

Le cadre juridique : 3 périodes clés

Le législateur a adopté une approche progressive, avec des étapes claires pour les secteurs et les entreprises. L'objectif est clair : d'ici 2030, les différences entre ouvriers et employés en termes de pension complémentaire doivent avoir complètement disparu.

 

 

Il y a donc trois périodes d'emploi distinctes :

Pour les périodes d'emploi antérieures au 1er janvier 2015, la différence de traitement fondée sur la distinction entre employés et ouvriers ne constitue pas une discrimination interdite.

Au cours de cette période de transition, les employeurs doivent entamer un trajet d'harmonisation afin d'éliminer, au plus tard le 1er janvier 2030, les différences entre employés et ouvriers qui existaient avant le 1er janvier 2015.

De plus, une obligation de statu quo ou d'abstention s'applique. En d'autres termes, aucune nouvelle différence ne peut être introduite pendant cette période et les différences existantes ne peuvent pas être renforcées, sauf si la différence de traitement est un moyen d'éliminer une différence entre ouvriers et employés existant au 1er janvier 2015. 

Important :

  • Aucun levelling-up vers le plan le plus favorable n'est imposé.
  • L'accent est mis sur la réduction progressive des inégalités.


PHASE 1
Les secteurs sont les premiers concernés et ont jusqu'au 1er janvier 2027 pour mettre en place l'harmonisation au niveau sectoriel.

Les secteurs jouent donc un rôle clé dans cette phase. Par le biais de négociations sectorielles, ils veillent à ne pas créer de nouvelles différences et à réduire les disparités existantes. Chaque secteur établit les modalités et les pistes suivies pour harmoniser la situation dans des protocoles d'accord. Ces accords constituent la base d'une convention collective de travail afin d'éliminer la distinction entre employés et ouvriers en termes de pensions complémentaires d'ici la fin 2026. La date limite de dépôt des conventions collectives est fixée au 1er janvier 2027.

💡Concrètement pour les entreprises : il est vivement recommandé de suivre de près les décisions sectorielles. De plus, vous devez être en mesure de démontrer que vous participez à un trajet d'harmonisation.

 

PHASE 2
Les employeurs ont jusqu'au 1er janvier 2030 pour mettre en œuvre l'harmonisation au niveau de l'entreprise. 

Si aucune convention collective sectorielle n'a été déposée au 1er janvier 2027, les employeurs ont le temps de procéder aux adaptations nécessaires des régimes de pension au niveau de l'entreprise afin de gommer toutes les différences entre ouvriers et employés en matière de pensions complémentaires avant le 1er janvier 2030.

💡Concrètement jusqu'en 2027 (secteurs) et 2030 (entreprises)
La solution la plus fréquemment utilisée consiste à introduire un nouveau plan de pension uniforme, sans distinction entre ouvriers et employés.

  • Les nouveaux collaborateurs sont automatiquement affiliés à ce plan uniforme.
  • Les collaborateurs déjà en service ont généralement le choix : passer au nouveau plan ou conserver l'ancien. Les personnes qui conservent l'ancien plan peuvent, dans certains cas, bénéficier de meilleures prestations. Cela n'est pas considéré comme une discrimination par la loi, simplement parce qu'un levelling-up n'est pas obligatoire.  Pour les collaborateurs en service, une communication claire et un bon encadrement de la transition sont essentiels.

Toute différence de traitement en matière de pensions complémentaires fondée sur la distinction entre ouvriers et employés se trouvant dans une situation similaire est interdite

 

 

Remarque importante : l'harmonisation ne signifie pas que tous les travailleurs doivent avoir exactement le même plan de pension. Une différenciation reste possible à condition qu'elle soit fondée sur des critères objectifs et raisonnablement justifiés, tels que la classification de fonction. Cette réglementation est parfois mal interprétée. Et c'est dommage, car des malentendus peuvent conduire à de mauvaises décisions ou pousser à la procrastination.

3 mythes sur l'harmonisation du 2e pilier
 

« Les inégalités peuvent être compensées via le salaire ou par une prime. »
C'est faux. L'égalité doit être appliquée au sein du régime de pension proprement dit, et non en adaptant d'autres prestations.

« Tout le monde doit bénéficier du même plan de pension. »
Pas nécessairement. Des différences restent possibles tant qu'elles sont objectivement justifiées et qu'elles ne se fondent pas uniquement sur le statut d'ouvrier ou d'employé.

« Nous pouvons attendre jusqu'à la fin de l'année 2030. »
Attendre sans rien faire n'est pas une option. En tant qu'employeur, vous devez être en mesure de démontrer que vous travaillez à l'harmonisation en temps utile, par exemple par le biais d'une analyse et d'un aperçu des propositions d'harmonisation soumises aux organes de concertation sociale de l'entreprise.


Mieux vaut anticiper

Les différences dans la constitution de pension ne peuvent donc pas être compensées par un autre avantage salarial. L'égalité doit être appliquée au sein du régime de pension proprement dit. Étant donné qu'une telle harmonisation s'inscrit souvent dans le cadre de négociations collectives plus larges, la loi prévoit délibérément une longue période de transition. En tant qu'employeur, vous pouvez avancer de manière progressive et réfléchie à la mise en place d'un régime de pension uniforme :

  • Déterminez la situation de départ
    Existe-t-il aujourd'hui des plans de pension différents pour les ouvriers et les employés ? Dressez à temps l'inventaire des différences existantes.
  • Suivez les décisions sectorielles
    Les secteurs jouent un rôle clé dans cette phase de transition. Leurs conventions collectives peuvent déterminer la suite de votre approche.
  • Pensez à l'horizon 2030
    L'harmonisation nécessite une bonne préparation. La loi attend donc des employeurs qu'ils lancent un trajet d'harmonisation en temps utile. Ce trajet peut englober des analyses, des simulations et des concertations, afin de faire des choix éclairés d'ici 2030. En examinant les scénarios possibles dès maintenant, vous évitez la pression du temps et les coûts imprévus.


Votre personne de contact chez AG se fera un plaisir de vous aider à analyser votre assurance de groupe et à envisager les mesures à prendre pour une politique de pension juridiquement conforme, attrayante et à parée pour l'avenir. N'hésitez pas à prendre rendez-vous.